Le projet Sustain Sahel, financé par l’Union européenne, a organisé des journées de dissémination locale en milieu paysan sur deux sites du Burkina Faso : Saria (du 28 octobre au 1er novembre 2024) et Yilou (du 4 au 8 novembre 2024). L’objectif était de faciliter la diffusion, l’appropriation et l’adoption des technologies agroécologiques promues par le projet, afin de renforcer la sécurité alimentaire et la résilience des exploitations agricoles face au changement climatique.

Au total, treize villages ont été concernés. Sur le site de Saria : Itaoré, Doulou, Nandjala, Ramongo et Tibrela. Sur le site de Yilou : Sindri, Guibaré, Gougré et Yilou. Les activités ont combiné présentation du projet et de ses technologies co-développées, visites des champs des producteurs relais, ateliers d’échanges sur les pratiques adoptées et les difficultés rencontrées, restitution des résultats de la recherche et partages d’expériences entre producteurs.

Les technologies présentées illustrent la richesse des pratiques agroécologiques adaptées au Sahel : zaï, demi-lunes, cordons pierreux, paillage, compostage, associations culturales céréales-légumineuses, régénération naturelle assistée (RNA), ou encore agroforesterie avec des espèces locales et introduites — Piliostigma, Gliricidia, neem, baobab.

La mobilisation a été remarquable : 490 participants ont été enregistrés sur l’ensemble des villages visités, dont 290 hommes et 200 femmes. La participation féminine a atteint 40,82 %, et les jeunes de moins de 35 ans ont représenté 25,31 % des participants. Cette forte présence traduit l’intérêt grandissant des communautés rurales pour des pratiques durables et accessibles.

Les résultats de la recherche présentés ont été produits par l’INERA et l’Université Nazi Boni. L’INERA a partagé ses travaux sur la formulation de rations alimentaires équilibrées pour l’embouche paysanne, à base d’ingrédients locaux. L’Université Nazi Boni a présenté ses recherches sur les effets des densités de Piliostigma sur la productivité et l’infiltration de l’eau, ainsi que sur l’introduction de Gliricidia sepium pour améliorer la fertilité des sols et l’alimentation du bétail.

Les principales recommandations issues de ces journées portent sur le renforcement de la formation à la production de compost et à la mise en place de pépinières, sur l’augmentation de la densité d’arbres dans les champs et sur la poursuite de l’appui technique pour accompagner l’adoption durable des innovations.

La réussite de ces journées doit beaucoup à l’engagement conjoint du RESCAR-AOC, de la Confédération paysanne du Faso (CPF), de l’INERA, de l’Université Nazi Boni, des producteurs relais et des services techniques locaux. Une illustration concrète de la valeur ajoutée du travail en réseau et de la co-construction au plus près du terrain.

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